SO2020

Initiatives et collaborations Arts/sciences
Une proposition du Laboratoire Modulaire de l’ésam Caen/Cherbourg
 
Félicie d’Estienne d’Orves
Artiste plasticienne, vit et travaille à Paris.

Le travail de Félicie d’Estienne d’Orves interroge le processus de la vision et le conditionnement du regard. Ses installations font appel à une connaissance phénoménologique du réel, elles soulignent la perception du temps dans un mouvement continu.

Depuis 2014, l’artiste concentre sa recherche sur l’espace astrophysique et l’étude des cycles de lumière naturelle.

Son travail a été présenté au Centre Pompidou (Paris) – Nuit Blanche – Le Centquatre / Nemo, Biennale Internationale des arts numériques  (Paris) – New Art Space / Sonic Acts (Amsterdam) – Watermans Arts Center (Londres) – OCAT (Shanghai) –  ICAS (Dresde) – BIAN (Montréal) – Aram Art Muséum (Goyang /Corée).

Félicie d’Estienne d’Orves est actuellement en résidence de création à Caen. Elle collabore avec des chercheurs du GANIL (grand accélérateur national d’ions lourds) afin de produire l’installation « KALACHAKRA » qui sera présentée à l’église St-Nicolas dans le cadre du festival ]interstice[ et de Normandie Impressionniste. Le principe général du projet est d’interroger la réalité de la matière et d’explorer des liens entre la physique contemporaine de l’atome et la philosophie ancestrale du bouddhisme tibétain. Le projet est une interprétation abstraite du mandala tibétain et de ses caractéristiques formelles et philosophiques.
 
Léonor Rey
Artiste et chargée de production dans l’art contemporain, fondatrice et directrice de POROSITY
Diplômée en 2008 de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon (DNAP et CESAP) et titulaire en 2011 d’un Master 2 professionnel « Métiers des Arts et de la Culture » (Université Louis-Lumière Lyon II), Léonor Rey questionne très vite le statut et la place de l’artiste contemporain dans la société, ainsi que son interconnexion aux autres domaines professionnels – notamment au milieu entrepreneurial (elle consacre trois mémoires à ces sujets, consultables ici : www.leonorrey.fr).
Elle travaille au sein de plusieurs structures culturelles (Galerie Analix Forever à Genève, Centre d’art du Fort du Bruissin à Francheville, Biennale d’art contemporain de Lyon, Institut d’art contemporain de Villeurbanne…) avant de rejoindre en 2014 le studio de production de l’artiste Pierre Huyghe, à Paris puis à New York. En tant que chargée de projets, elle contribue pendant deux ans à la conception et à la fabrication des œuvres de l’artiste ainsi qu’à ses expositions, mettant provisoirement entre parenthèses sa propre pratique artistique.
De retour en France en 2016, Léonor Rey travaille à la Biennale d’art contemporain de Lyon au sein du projet Veduta, et coordonne en parallèle POROSITY dont elle est la fondatrice. Elle réalise également du suivi de production en indépendant auprès d’artistes, et intervient ponctuellement dans des colloques et séminaires universitaires.
L’idée de POROSITY est née en 2016. Elle s’inscrit à la suite de plusieurs années de réflexion et de recherches sociologiques sur le statut de l’artiste contemporain dans la société, et ses liens à la notion de travail. Le milieu artistique international voit alors se développer de plus en plus d’initiatives et de collaborations entre les domaines des arts et des sciences. Léonor Rey en fait l’expérience auprès de Pierre Huyghe, dont la réflexion s’oriente de manière accrue vers le champ scientifique et les nouvelles technologies.
C’est ainsi qu’en 2 ans, plus d’une vingtaine de scientifiques et ingénieurs sont associés, à travers le monde, aux productions de l’artiste. 
Identifier et mobiliser des personnalités et des savoir-faire extérieurs s’avère indispensable. C’est un travail intense et chronophage, mais le résultat est à l’image de ce qui rejoint artistes, scientifiques et ingénieurs : aller plus loin dans la recherche, nourrir la réflexion et créer de nouvelles formes.
Cela amène alors Léonor Rey à imaginer un moyen de faciliter ces investigations pour les artistes, qu’ils aient ou non une équipe de production à leurs côtés, et de permettre aux chercheurs d’associer un artiste à leurs recherches ; un outil au service de la création artistique internationale : POROSITY.

Workshop Radio-Art au Master de Cherbourg

Dès demain débute le workshop Radio-Art à l’ésam avec notre invité Erik Minkkinen au Master de Cherbourg.

Guitariste, membre fondateur du prestigieux trio rock noise expérimental : Sister Iodine, il collabore dans de nombreux autres groupes : Antilles, Grifu, Noyade, jusqu’à NFL3, avec lesquels il composera une nouvelle bande-son pour Le Golem (1920) de Paul Wegener en Ciné-concert.  Erik aime également souvent se produire avec d’autres musiciens (en live ou en studio) : tel Andy Bolus, Pierre Faure, Cathy Heyden, Henner Henzler ou Noël Akchoté.
Il a créé Le Placard (concept du concert avec casque en appartement )
et co-anime l’émission de Radio : Lapin Kult.
L’univers sonore d’Erik Minkkinen est extrêmement visuel : il s’impose par évidence, dans la capacité à créer des paysages électroniques dévastés, et par un jeu de motifs toujours surprenants, déjoue le système mental de nos projections, et par réfractions, espaces et reprises, il arpente les dernières limites du bruit et de la musique.
Erik Minkkinen interroge, par machines interposées, sur notre devenir humain, et, procède à faire combiner nos humeurs changeantes et notre volonté d’adaptation, par patch, soudures, textures, injections, interjections, ou micro-contacts, avec la sensation pure puis l’apparition d’images psychédéliques provoque alors toujours une émotion inquiète et familière à la fois.

Il nous parlera de Tetsuo Kogawa, théoricien, activiste et artiste, figure incontournable des arts sonores et radiophoniques, et nous aidera à fabriquer des émetteurs Mini-FM pour la radio de la méduse…

Tetsuo Kogawa est certainement l’une des personnes les plus influentes des arts sonores et radiophoniques, et une figure incontournable des réflexions contemporaines les plus radicales sur la communication et les médias.

Théoricien, activiste, artiste, Tetuso Kogawa n’a jamais cessé d’être tout cela à la fois. Beaucoup ont profité des fruits de ses recherches, et parfois sans le savoir : ses manifestes et ses créations électroniques ont tant été partagés, repris ou commentés, qu’ils ont contribué à alimenter la culture commune de la génération actuelle des expérimentateurs sonores, hackers, penseurs de la radio, des médias et des mondes numériques. Son nom revient de proche en proche, associé à ceux de théoriciens comme Félix Guattari ou Franco Berardi et d’artistes comme J. Duncan ou Hank Bull ; au programme de festivals et d’évènements majeurs dans le monde entier (il a été l’invité du Banff Center for the Arts, de la Bauhaus University, de la Kunstradio, de la Tate Modern, des festivals Musikprotokol, AV Festival, Cut & Splice et beaucoup d’autres) ; aux sommaires d’ouvrages majeurs sur l’art radiophonique et le media-art (Radiotext(e), Radio rethink, Reinventing radio…).

Mais il faut encore dire que Tetsuo Kogawa est l’auteur de plus de trente ouvrages critiques sur la technologie et les médias, la figure tutélaire du mouvement japonais des radios libres pendant les années 1980, le créateur d’un art des ondes resté sous le nom de « radio-art » et l’inventeur de circuits électroniques étonnants. Il reste encore à explorer la partie immergée de l’immense iceberg Kogawa, et à dévoiler la densité de sa pensée et de la cohérence de sa recherche, qui articule depuis la fin des années 1970 et jusqu’à aujourd’hui la réflexion sur nos devenirs technologiques et médiatiques, l’expérimentation sociale et collective, l’activisme électronique et la création artistique.


Liens à consulter :

https://p-node.org/works

http://uveditions.com/wp-content/uploads/2019/05/TK_Emetteur.pdf

https://esamaudio.wordpress.com/2019/03/12/tetsuo-kogawa-radio-art/

http://s.eeek.free.fr

https://acentrale.org

http://dlwis-websdr.ham-radio-op.net:8901

https://fr.wikipedia.org/wiki/Radiofacsimilé#Les_récepteurs