Atelier Modulaire : Le Bruit avec Pascale Gustin

 

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Pascale Gustin propose, dans ce cadre, un atelier très ludique autour de la notion de bruit qui sera une incitation au maniement de divers outils relatifs à la récupération de signaux, à leur traitements et à la fabrication de surfaces, interfaces et de capteurs « faits maison ».

Le bruit a de nombreuses définitions, autant négatives que positives. Le bruit, pris dans son sens le plus large, évoque toute perturbation dans un système donné. Techniquement, c’est une perturbation dans un canal de transmission qui empêche la réception correcte d’une information.

Le bruit n’existe pas en dehors de la perception humaine. C’est dans l’acte de décodage / encodage de l’information (sonore, visuelle etc.) que pouvons percevoir la présence ou l’absence de bruit. De plus, ce qui était du bruit il y a 10 ou 20 ans, n’est plus considéré comme tel actuellement et inversement. Nous avons nos attentes, orientées culturellement, entre le souhaitable et le non souhaitable, le non souhaitable pouvant être considéré comme du bruit.
La recherche d’une constante non perturbée, dénuée de tout accident, exemptée de tout bruit n’est qu’un leurre. Le bruit c’est la fragilité d’un système et cette fragilité sera plus ou moins importante selon la complexité du système, les composantes invoquées : rayure sur une pellicule de celluloïd, poussière dans le sillon d’un disque vinyle, perturbation électromagnétique du champ électronique cathodique, erreurs de compression vidéo numériques, phénomènes d’entropie dans un système financier capitaliste…
Mais dans le vaste champ de définitions du bruit, nous distinguerons celle-ci : le bruit sera perçu comme une expérience de l’interruption qui déplace un objet en dehors de sa forme et de son discours ordinaire. Cette expérience de l’interruption sera une opportunité pour tenter de redéfinir nos propres critères de sélection.

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En collaboration avec l’artiste intervenante, chaque étudiant de sera amené à développer son propre système de captation de données physiques en utilisant des matériaux quotidiens ou de l’électronique à bas coût. Du capteur le plus simple vers de plus complexes (capteurs bio sensitifs), nous verrons les diverses phases de leurs mises en œuvres et les diverses possibilités d’utilisation dans le champ artistique sonore, visuel… De plus, fabriquer nos propres outils de captation de données physiques, nos propres interfaces minimise la relation de suggestion induite par l’objet technologique. Les outils techniques et technologiques du commerce ont tendance à inférer une relation particulière avec le sujet, c’est à dire : à provoquer une relation de croyance, de consentement envers l’objet technique. Ici, nous découvrirons et nous questionnerons nos outils à travers leurs fonctionnements, leurs dis-fonctionnements, leurs fragilités, leur possibilité de détournements et d’appropriations.

L’atelier se terminera par l’élaboration d’un projet personnel ou collectif autour de la question du «bruit» dans la société contemporaine.

Contenu :

– Prise en main des outils utilisés. Bases. Mise en perspective de ces outils (historiquement, économiquement, culturellement…)
– Acquérir des bases techniques et conceptuelles indispensables à la réalisation d’un interactif temps réel.
– Examiner et structurer les étapes nécessaires à la mise en forme du projet.
– Règles fondamentales de l’expérimentation autour de systèmes impermanents et fragiles (notes de travail, dessins, croquis, schémas, documentation, partage…)
– Expérimentations autour de la mise en forme du projet, à partir d’une réflexion personnelle de l’étudiant, recherches…
– Réalisation du projet artistique autour de la thématique de départ.

Méthode d’enseignement :

– Pratique suivie en atelier
– initiation basique des techniques
– Recherche documentaire
– Conception d’un projet personnel et expérimentation de sa mise en situation

Évaluations :

– Pertinence et cohérence du choix des éléments traités par rapport aux recherches personnelles
– Méthodologie dans la mise en œuvre du projet
– Qualité conceptuelle, plastique et technique du projet final

Références :

Pascale Gustin travaille le texte et le code source, comme autant de texture et de matériaux. L’information qui circule entre elle, son ordinateur et le réseau est un environnement ramifié. L’univers numérique est un flux, un fleuve, qu’elle passe entre ses doigts pour y ressentir la consistance (Anne Goldenberg).
Elle a enseigné récemment Pure Data à l’Université de Paris-Est Marne-la-Vallée et donne régulièrement des workshops sur cet outil dans des structures telles que le Centre de Ressources d’Arts Sensitifs à Mains d’Oeuvres (Saint-Ouen, France) ou dans des écoles d’arts.
Titulaire d’un diplôme en beaux-arts, elle a publié ses textes en revue : JAVA, Nioques, Akenaton/ dock(s) etc., son premier livre « Trajets » aux ed. Station Mir en 2006, et est l’auteur de performances numériques présentées dans le cadre d’événements tels que Piksel09 (Bergen, Norvège), Hacker Space Festival (Vitry-sur-Seine, France), Vision’R (Paris, France), Visionsonic (Sèvres, France), etc.